LES POINTS D'EAU DU SAHARA

Par Liliane Moeremans  


Pourquoi écrire quelques mots sur les points d'eau du Sahara?
Afin de mieux comprendre et surtout de mieux localiser où se trouvent, les amphibiens et reptiles issus de ces régions.
C'est déjà assez difficile de lire, de retenir et surtout de bien orthographier comme par exemple le nom de Igharghar, si ne plus on ne sait pas où cela se trouve, il n'y a pas beaucoup d'intérêt. Je vous tâcher de vous montrer tous ces lieux.

Le Sahara

Superficie 9.065.000 km2
Altitude maximum 3.415 m (Emi Koussi)
Température maximale : -18°C à 55°C
Précipitations: 25mm
En font partie:  Algérie, Maroc, Sahara occidental, Mauritanie, Niger, Libye, Egypte, Tchad....

Seuls 20% de sa surface est constituée de dunes de sable.

C'est un plateau avec de hauts massifs comme:
le Hoggar, imposant massif volcanique au sud de l'Algérie, l'Aïr au Niger et le Tibesti au Tchad.

Un petit peu d'histoire pour mieux comprendre:
Il y a plus de 10.000 ans, la faune saharienne se localisait autour d'innombrables milieux aquatiques, datant de l'Atérien.
C'est notamment autour et dans ces points d'eau résiduels que se localisait en grande partie, la faune tant aquatique que terrestre.
Déterminé par le relief, le cloisonnement divise le réseau fluvial en plusieurs bassins.
Certains d'entre eux débouchent dans la mer comme la Seguiet el Hamra, par contre d'autres sont des bassins continentaux occupés par des lacs.
Le Tchad occupait une immense cuvette, bien plus située à l'ouest que le lac actuel et correspond au Borkou (Tchad).
En Mauritanie, le massif de l'Aouker, le massif de l'Aïr au Niger et de l'Adrar des Ifoghas situé au nord du Mali, étaient également occupés par des lacs.
La dépression d'Ouargla (Algérie), recevait les eaux en provenance du bassin de lgharghar.

Depuis cette période, les lacs continentaux ont progressivement régressé par une accumulation continue des alluvions transportées dans ces zones d'épandages, par une modification progressive du climat, problème à l'heure actuelle faisant la "une" de l'actualité mondiale.
Les "sebkhas", devenus impropres à la consommation et à toute vie végétale et animale, par la concentration des sels minéraux, liée à l'accumulation des sédiments dans les bassins fermés en sont une autre modification écologique.
Ces deux phénomènes asséchant les lacs et par le fait que le climat est plus aride, cela provoque une désertification progressive du milieu. A l'époque de l'Atérien, le climat tropical et l'abondance de l'eau a permis à la végétation comme les cèdres, les oliviers, les chênes-lièges de se développer et de former des forêts galerie le long des cours d'eau. La savane était également prolifique.

Voici quelques renseignements actualisés pour le Maroc:

Chêne vert 1.364.000 ha Chêne-liège - Quercus suber    348.000 ha
Arganier spinosa    828.000 ha Cèdre    132.000 ha
Thuya    608.000 ha Alfa 3.200.000 ha
Genévrier (Juniperus)    326.000 ha Autres, ici l'acacia 2.112.000 ha
Pins - Pinus pinea      95.000 ha    

Cette végétation prolifique, assurait les besoins d'une importante faune, comme les girafes, les crocodiles, les éléphants, ....comparable à celle existant de nos jours dans la zone des savanes intertropicales.
Cette multitude de verdure permettait également un développement humain, comme en témoigne les nombreux vestiges comme par exemple, les représentations rupestres retrouvées et autres ossements. Les zones d'art rupestre du bassin de la Seguiet el Hamra et du massif de Zemmour au Maroc ont livré à ce jour plus de 37 stations de gravures et de peintures.
 

Tous ces changements se sont opérés vers l'an -4000, les lacs régressent et s'assèchent, le réseau hydrographique devient temporaire, se morcelle et s'encombre de sable. La faune aquatique subsistera alors dans les quelques points d'eau isolés, réunis entre eux par de rares crues. Son fonctionnement et son existence sont confirmés par les nombreux fossiles et restes de faune retrouvés par endroit.

Les bassins ouverts
 
Le bassin atlantique.
Il comprend toute la partie occidentale du Sahara par lequel s'écoule les réseaux constitués par les affluents de l'oued Draa et par ceux de la Seguiet el Hamra, puis par les oueds issus de l'Adrar Mauritanien
Le bassin oriental ou méditerranéen.
Il draine les eaux du Sahara libyen collectés par les eaux du Fezzan, du Tassili n'Ajjer en Algérie et du Tibesti.

Les bassins continentaux
Deux types de bassins continentaux: les bassins ouverts débouchant sur un système fluvial actif et des bassins fermés sans exutoire actuel.
Le bassin du Niger
Le bassin de l'Igharghar
Le bassin de la Saoura
Le bassin du Tchad


Dans quels paysages africains peut-on rencontrer des points d'eau ?

Les ergs, sont des ensembles de dunes où la circulation humaine n'est guère possible que dans des couloirs ou Gassi

Erg Issaouane en Algérie

Ce sont des milieux perméables qui absorbent les chutes de pluie et les stockent en profondeur dans des nappes mais en surface il n'y a pas de points d'eau.
De ces zones seront absents tous vertébrés aquatiques.
Les hammada, plateaux rocailleux, secs et surtout pauvres en végétation. Les points d'eau sont représentés par des flaques temporaires succédant aux chutes de pluie. Ce milieu n'est pas non plus favorable aux vertébrés aquatiques.
Les lits d'oued (oued qui signifie rivière en arabe, désigne en français les cours d'eau d'Afrique du Nord et des régions semi-désertiques. Il s'agit de cours d'eau à régime très irrégulier. Les oueds sont le plus souvent à sec, mais peuvent connaître des crues spectaculaires, qui provoquent parfois des changements de lit, et souvent creusés dans les hammada et sont plus ou moins encaissés. Ils présentent localement des points d'eau permanents susceptibles d'héberger poissons et batraciens. Les montagnes Adrar (tamasheq) ou Djebel (arabe) sont de vastes zones rocheuses souvent de nature cristalline (Hoggar, Aïr) ou gréseuse (Tassili n'Ajjer, Adrar des Ifoghas) qui constituent des réservoirs avec un écoulement permanent. Les eaux ainsi collectées sur l'Adrar Fadnoum (Algérie) sont lentement restituées après percolation dans les grès, le long des oueds. Ce suintement permanent rend possible la vie de batraciens et dans certains cas de poissons.

Origine des points d'eau sahariens
Au Sahara, les points d'eau sont d'origines diverses, il y a les sources, là, où une nappe imperméable oblige l'eau à s'écouler en surface. Ailleurs, ce sont des gueltas (arabe) ou Aguelmanes (tamasheq) constituées par l'accumulation d'eaux de pluie dans des vasques rocheuses, en grès, basalte ou granites.

 

©Jacques Longrève
Une guelta, près d'Oubankort dans l'Adrar des Ifoghas

Certains autres points d'eau sont des trous dans le lit asséché d'un oued, ce sont les Tilmas (tamasheq) ou Redir (arabe) à fond argileux que l'on peut observer à Hoggar, Tassili n'Ajjer ou Adrar des Ifoghas. C'est à ces lieux que l'on peut voir une population de batraciens comme les Bufo, Tomopterna, ont pour point commun, d'être peu oxygéné et de présenter une forte amplitude thermique quotidienne.

Dans les oasis, les collections d'eau sont occasionnelles, ce sont les canaux d'irrigation (Séguia), des bassins où s'accumule l'eau des sources ayant pour origine une source captée ou un oued.

Localisation des points d'eau sahariens
Le bassin oriental ou libyen

Le bassin du Borkou
Les points d'eau du Tibesti
Les points d'eau de l'Ennedi
Les points d'eau du Borkou
Bilma

Le bassin du Niger
Les points d'eau de l'Aïr sont réduits à quelques gueltas et sources. Les Tomopterna y viennent pondre.
L'oued de Tamanrasset.
     le Sahara Atlantique
l'Adrar Mauritanien
Le bassin de la Seguiet el Hamra: quelques grenouilles rieuses
Le bassin du Drâa: c'est un bassin ouvert sur l'Océan Atlantique. L'importance de son réseau tient à l'origine du Drâa dont la source est située dans le Haut Atlas Marocain.
Les neiges de ce massif assurent un écoulement à la partie supérieure de son cours. On y trouve des Bufos viridis, mauritanicus, brongersmi, Rana ridibunda,

Le bassin de la Saoura
C'est un bassin fermé, partiellement ensablé par le Grand Erg Occidental.
De tous les oueds, de tous ces cours d'eau, le plus actif est celui-ci, il coule plusieurs mois par an et dont ses crues sont parfois violentes.
Les oueds comme Ziz, Guir, conservent des collections d'eau permanentes( Beni Abbès, Kerzaz) permettent le maintien d'une faune de vertébrés aquatiques abondante, tant poissons que batraciens. Tout cela constitue une réserve alimentaire pour une population d'oiseaux, on a même pu y rencontrer des loutres, sans doute en provenance du Guir.
Au bassin de la Saoura, sont rattachés d'autres sources et autres points d'eau:
- Sources de Figuig: sources artésiennes jaillissant à 30°C
- Foggaras: galerie de captage de la nappe, creusées dans les plateau en drainant les eaux souvent à plusieurs dizaines de kilomètres de l'oasis.
Ces galeries constituent des biotopes très particuliers, obscurs, tièdes, humides...où se sont réfugiées de nombreuses espèces.

Qanat ou Foggara, qu'est-ce que c'est ?
Un qanat est un système d'irrigation souterrain permettant de récolter les eaux d'infiltration. Il est donc différent d'un aqueduc car l'eau est déjà là.
Un qanat est construit par le perçage d'un tunnel dans une falaise, un scarp ou une base d'un secteur montagneux, suivant une formation aquifère.
Le but est d'apporter l'eau à la surface ou il peut être utilisé pour l'irrigation des terrains agricoles. L'eau n'est pas apportée jusqu'à la surface mais plutôt à l'extérieur : sur la surface irriguée.
Les tunnels sont extrêmement horizontaux et précis, avec une pente pour permettre à l'eau de s'écouler à la surface du sol.
On trouve de nombreux qanat en Iran à fleur de terre notamment à Yazd. On en trouve aussi en Chine, en Afghanistan, en Libye, etc.
La même technique est utilisée au Sahara sous le nom de "foggara ", alimentant les oasis des régions du Gourara et d'Adrar et au Maroc où ce mode d'alimentation en eau est dénommé "Khettara".

Le captage de l’eau
Les nappes d'eau.
Il y a en fait 3 sources possibles pour l’eau d'irrigation :
La nappe phréatique : l’eau qui coule doucement sous l’erg, dans les anciens cours de rivières vient de l’Atlas saharien. L’eau est alors à quelques mètres seulement et on peut creuser des puits. C’est le cas pour les oasis du Taghouzi.
La nappe des foggaras : plus profonde que la précédente, elle se rapproche de la surface dans le plateau du Tadmaït ce qui permet de la rejoindre en creusant des galeries horizontales, les foggaras.
La nappe albienne : très profonde (plusieurs centaines de mètres), immense (elle recouvre tout le Sahara central jusqu'en Libye), elle semble être inépuisable.
Elle est donc utilisée pour des projets impressionnants d’irrigation (comme près d’Adrar).
Ce type d'irrigation, profondément original, donne aux oasis du Gourara leur spécificité : on ne le retrouve nulle part ailleurs au Sahara (sauf dans le Touat - région d'Adrar)
La tradition veut que ce système d'irrigation soit venu de l'Iran actuel, peut-être vers le 11° siècle.
 

Foggara, coupe de principe.

Il consiste à créer des "sources" artificielles en creusant des galeries en pente très faible qui vont rejoindre la nappe.
L'eau suinte le long des parois et forme un ruisseau permanent.
Ces galeries sont marquées en surface par des regards pour l'entretien et un survol de la région montre l'ampleur du réseau ainsi créé : on estime à des milliers de kilomètres l'ensemble des foggaras du Gourara et du Touat en Algérie.
Le travail de creusement a évidemment été colossal et n'aurait pu se faire sans le travail de nombreux esclaves. Actuellement le problème est d'entretenir les foggaras qui peuvent s'effondrer ou s'ensabler. C'est l'enjeu de la période actuelle : saura-t-on redonner aux jardins l'eau dont-ils besoin ?

La distribution
 

Emergence d'une foggara Peigne (kesria) de répartition
 

 

Pour se répartir l'eau issue de la foggara, les oasiens du Gourara ont mis au point un système aussi efficace qu'esthétique : les peignes (kesria).
Un spécialiste, le kiel el ma, mesure le débit qui passe entre chaque dent et refait l'opération chaque fois que la foggara est recreusée ou entretenue ou quand un propriétaire terrien achète le droit à l'eau d'un autre.
L'eau circule ensuite dans des canaux, les seguia, qui l'emmène jusqu'au bassin, le majen, où elle s'accumule jusqu'à ce que le cultivateur irrigue ses cultures .

Le bassin de l'Igharghar
Un immense bassin fluvial occupant la plus grande partie du Sahara Est-Algérien et Sud Tunisien .Ses eaux y sont permanentes et les plus abondantes et recèlent le maximum de vie aquatique.
Les collections d'eau de ce bassin ont diverses origines:
- naturelles: sources et résurgence, oued, mare, gueltas.
- humaines: puits; forages, séguias, klandegs.
     les oueds
L'oued Mzi est le plus important par sa longueur et son débit. Cet oued présente plusieurs crues par an et reste actif plusieurs mois de l'année.
L'oued du Tassili récolte les eaux tombées sur le plateau gréseux et sont drainées par un réseau d'oueds actifs plusieurs semaines par an.
     les sources
A retenir celle des Zibans.
     les mares et autres plans d'eau naturels
Tassili n'Ajjer, Hoggar, Moydir
     les sebkha
Dans ce bassin,seule la sebhha d'Ouargla est constamment en eau.
     les séguias, drains, forages
Ce sont des zones où la concentration de Na Cl avoisine souvent la saturation (Ouarla, Melghir) et qui ne permettent que peu le développement des poissons ne pouvant supporter cette saturation en sel, tel que le Sarotherodon galileus, Gambusia affinis et l'Aphanius fasciatus.
Ces canaux présentent par endroit des répartiteurs qui eux contiennent de l'eau en permanence.
Dans toutes les oasis, un réseau de drainage (klandeg) a été creusé pour limiter les salages des terres cultivées. Les forages effectués dans la nappe artésienne ont parfois fait apparaître des poissons qui ne vivent pas dans la nappe profonde, mais qui peuvent se réfugier dans la nappe phréatique et en être entraînés par l'aspiration puissante provoqué par un nouveau forage.
Le forage et l'écoulement de puits artésiens peut permettre le développement d'autres vertébrés aquatiques, les batraciens et surtout les crapauds, comme le Bufo viridis
dans le sud Tunisien à Ksar Rhilane. Cette oasis située en bordure du grand Erg Oriental, a été créée à la suite d'un forage effectué en 1952 dans la nappe du Continental Intercalaire. Un quart de siècle plus tard, les crapauds pullulent, la nuit dans les jardins et sur les dunes, et les têtards abondent dans les séguias, même au mois de janvier, car l'eau jaillit en permanence à la température de 30°C. Ces batraciens n'ont pas été apportés par l'homme et n'ont pu venir que du Dahar, situé à quelques dizaines de kilomètres de là.

Saviez-vous que...

Le touareg (tamasheq, tamacheq, tamahaq ou tamajaq) est une variante du berbère parlée par les Touaregs. Il appartient à la famille des langues afro-asiatiques.
Le touareg est la seule variante berbère à avoir conservé la forme écrite de l'alphabet libyco-berbère, également appelé tifinagh.
Il est parlé dans la région du Sahel, Niger, Mali, Burkina Faso, et aussi en Afrique du Nord, Algérie et Libye où elle est appelée tamahaq.

L'Adrar des Ifoghas: une superficie correspondant à la moitié de la France, ses paysages se caractérisent par des vallées larges et peu encaissées, cette région est jonchées d'empilements granitiques sous formes de blocs très érodés.

Tassili n'Ajjer en Algérie est inscrit depuis 1982, au patrimoine mondial par l' Unesco, à la fois pour ses paysages et pour ses fresques rupestres

Le Tchad comprend 50 départements:
Barh Signaka - Batha Est - Batha Ouest - Biltine - Borkou - Chari - Dababa - Dagana - Dar Tama - Djourf Al Ahmar - Dodjé - Ennedi Est - Ennedi Ouest - Fitri - Grande Sido - Guéra - Haraze Al Biar - Haraze Mangueigne - Kabbia - Kanem - Kobé  - La Nya Pendé - La Pendé - Lac Iro - Lac Léré - Lac Wey - Lanya - Loug Chari - Mamdi - Mandoul Occidental - Mandoul Oriental - Mayo-Boneye - Mayo-Dallah - Mayo Lemie - Mont d'Illi - Monts de Lam - Ngourkosso - Ouara - Sila - Tandjilé Est - Tandjilé Ouest - Tibesti - Wayi

du 27 au 29 décembre chaque année, les populations de tout l'Aïr se regroupent à Iferouane pour un festival exceptionnel.
Institué depuis 2001, le festival de l'Aïr est sans nul doute la meilleure occasion d'avoir une vue d'ensemble des richesses culturelles et touristiques du Sahara nigérien.

Le Borkou est un des 4 départements composant la région du Borkou-Ennedi-Tibesti au Tchad

La Libye est divisée en 25 municipalités:
Ajdabiya - Al Aziziyah - Al Fatih - Al Jabal al - Akhdar - Al Jufrah - Al Khums - Al Kufrah - An Nuqat - Al Khams - Ash Shati - Awbari - Az Zawiyah - Banghazi - Darnah Ghadamis - Gharyan - Misratah - Murzuq Sabha - Sawfajjin - Surt - Tarabulus - Tarhunah -Tubruq - -Yafran - Zlitan.

Un conseil, si vous décidez d'effectuer un périple au Sahara, munissez-vous d'un GPS,  ou mieux d'un guide !.....
 

Ce n'est pas un mirage !
 
Références
La plupart des photos sont issues du site de Patrick Chatelier.  Merci Patrick, tes photos sont divines.
Pour les passionnés de photographie et de grands espaces sauvages, "COULEURS-SABLES" organise des CIRCUITS-PHOTO en 4x4 avec encadrement et accompagnement dans les paysages les plus spectaculaires du Sahara.
Faune du Sahara I, Michel le Berre, éditions Chabaud, 1989, p.15 à p.23
Timimoun et le Gourara, de Frédéric MALHER. Merci Frédéric.
Photo de la Seguiaa.
Photo du plan d'eau.
Photo du bateau.
Photo de Draa
Photo de dunes
Photo acacia


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