BOULENGEROCHROMIS MICROLEPIS

La protection de certaines espèces
endémiques au lac Tanganyika


 
Article et photos de Liliane Moeremans

Ce petit résumé a été envoyé aux personnes nommées ci-dessous, comme base d'introduction,
afin de participer à la réunion faite chez moi,  en date du 26 septembre 2000.

 De quoi s'agit-il exactement ?
Sur la base du compte rendu de la Première Conférence Internationale sur la Conservation et la Biodiversité du Lac Tanganyika –1991- à Bujumbura- Burundi,
une réunion autour d'une table nous a permis de développer et de discuter sur certains problèmes inhérents au lac Tanganyika.

Étaient présents (par ordre alphabétique) :
Arnaud et Corinne Deneufeglise
Dominique Dussart, passionné de conchylicoles (entre autre)
Jos Snoeks du Musée de Tervuren.
Liliane Moeremans (pas non plus la peine de la présenter....)
Mark Hanssens du Musée de Tervuren
Michel Magosse, du site des Tropheus
Mireille Schreyen de Fishes of Burundi, un vrai régal que de l'écouter 
Sébastien Verne (Séb 59)

Le cas de :
BOULENGEROCHROMIS MICROLEPIS

Les biotopes rocheux, sableux et sablo-rocheux constituent un endroit préférentiel pour la plupart des Cichlidés endémiques. Ces espèces sont généralement confinées dans la partie de ce littoral à profondeur inférieure à quinze mètres.

Certains poissons, comme Boulengerochromis microlepis adultes mûrs y forment des couples et chaque femelle pond aux environs de dix mille œufs. D’une seule ponte, éclosent quelques milliers de jeunes qui sont placés sous la garde de leurs parents. Ces jeunes Boulengerochromis microlepis se promènent en banc très dense et compact en  dessus du littoral.

A ce stade ils deviennent très vulnérables.
La pêche au moyen de la senne de plage est un réel danger pour ces jeunes et les couples en reproduction de B.microlepis.
La senne de plage est utilisée par les pêcheurs le long de la côte burundaise du Lac Tanganyika. Cet engin de pêche capture toutes les espèces de poissons qui se trouvent sur son passage. Il n’est pas sélectif.
Pour B.microlepis, la senne de plage capture toute génération de jeunes et leurs parents se trouvant dans son aire de pêche.
Pour conserver cette espèces, il devient urgent de protéger ces poissons cichlidés inféodés aux biotopes sableux, rocheux et sablo-rocheux par l’interdiction absolue et la destruction des sennes de plage comme engin de pêche au Lac Tanganyika.

Mais encore……ce qui se passe là-bas, à notre grand désarroi 
Le manque de transport, de moyen de conservation des prises et de stratégies de marché provoquent de considérables pertes aux récoltes.
On estime qu’entre 30 et 40% des poissons attrapés sont endommagés avant d’atteindre le consommateur. Des infrastructures simples pourraient réduire le gaspillage et augmenter la production.
Cela pourrait fournir un moyen de récupérer les sous-produits comme les déchets, les écailles et autres parties impropres à la consommation humaine, pour les transformer en autres produits utiles comme la farine de poissons et les engrais.
L’utilisation de poison ou le dynamitage sont d’autres méthodes qui ont tendance à gaspiller les ressources. En plus d’être très destructif pour l’environnement, le pêcheur ne ramasse pas tous les poissons tués et l ‘empoisonnement est non sélectif.
Pourtant il existe une loi ! qui régit la fabrication l’importation, l’achat et la vente des explosifs, elle date de 1963. Sans l’introduction de cette loi, les explosifs seraient utilisés sans discrimination. Mais l’amende est trop petite, la plupart des inculpés payent facilement et s’en vont répéter le même délit.  
Et ce n’est pas tout !
L’érosion des sols et la pollution des eaux du lac….
La région riveraine du lac Tanganyika au Burundi est intensément mise en valeur. Elle porte sur une forte densité de population et diverses cultures sont saisonnières à l’exception du bananier et de manioc qui sont pérennes. La végétation naturelle a pratiquement disparu dans cette partie du Burundi.
Les versants sont continuellement labourés et dénudés sans aucun dispositif anti-érosif ni jachère.
L’élevage du gros et du petit bétail accélère la dégradation de la végétation déjà très pauvre dans cette région.
L’ouverture des carrières à ciel ouvert et le passage des routes dans ces zones escarpées favorisent l’érosion sur les versants.
L’extraction des matériaux de construction (pierres, graviers, sables) des lits des cours d’eau accélère le transport des sédiments.
L’arrivée des sédiments terreux charriés par les cours d’eau et les eaux de ruissellement se traduit par une nette coloration des eaux du lac qui deviennent brunes ou rougeâtres après les averses.
Ces sédiments restent en suspension, dérivent le long du littoral et s’étendent vers le large à cause des divers courants.
Les sédiments maintenus en suspension par le mouvement des eaux du lac ne se déposent qu’après un certain temps après s’être étalés sur une étendue considérable à partir de l’embouchure des cours d’eau.
Cet apport de sédiments continuellement renouvelé par les pluies durant neuf mois de l’année pollue considérablement le lac.
  
Les mesures préconisées?
La première et la principale mesure de protection du lac Tanganyika contre l'apport massif des alluvions  consiste à protéger les versants qui l'encadrent
par le reboisement et l'installation des dispositifs anti-érosifs dans toutes les zones cultivées.
Régulariser les cours d'eau pour retenir le maximum de sédiments avant qu'ils n'atteignent le lac.

Mais quand cela sera t-il fait ?

 
L'embouchure de la Ruzisi Le déboisement


Il faudrait:
Interdire l'extraction des matériaux de construction des lits des cours d'eau.
Surveiller le réseau d'assainissement de la ville de Bujumbura et éviter que les déchets et effluent n'atteignent directement le lac sans traitements préalables.

 
Extraits du compte rendu de la Première Conférence Internationale sur la Conservation et la Biodiversité du Lac Tanganyika –1991-
à Bujumbura- Burundi

-Ndikumako, Athanase, dpt de Biologie, Facultés des Sciences, Bujumbura.
-Bwathondi P.O.J. Tanzania, Fisheries Research Institute.
-Nsabimana, Stanislas, Fac. des Lettres et Sciences Humaines, Bujumbura

 
Quelques lignes encore avant de passer à la partie suivante reprenant presque mots à mots tout ce qui a été dit, afin de ne rien perdre comme informations....
le micro étant posé sur la table....
également pour ne pas raconter des bêtises...quoique les bêtises, je les ai gardées sous silence, et pour ceux qui connaisse le rire fabuleux de Michel! ...je l'écoute à volonté.....

Il m'a fallu plus de 5 heures d'écoute de bande....
Ah oui j'oubliais .... au sujet  de ces cassettes, aucunes copies ne seront jamais faites !   

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