Article de Patrick Sorgeloos, Gent University, Belgium Adaptation Liliane Moeremans ![]() En 1938, Keumen et Bass-Becking reportaient que les premiers records écrits de l'existence des artémias dataient de 1755. Néanmoins cet "animal" filtrant était connu depuis beaucoup plus longtemps par différents groupes ethniques attribuaient une meilleure production de sel dans les bassins d'eau salée grâce à la présence des artémias. En dépit de l'équipement optique disponible à cette époque, les dessins de Schlosser étaient très détaillés et donnaient de façon exacte 11 paires de thoracopodes à l'animal adulte. Plusieurs autres scientifiques, incluant Linnaeus (1758) décrivirent plus tard l'adulte artémia avec seulement 10 thoracopodes cette controverse dura jusqu' en 1836 quand finalement Audouin confirma les observations de Schlosser. De la deuxième moitié du 19ème siècle, plusieurs études furent publiées traitant de la morphologie et de la taxonomie de ce "Anastracan crustacean". Depuis les artémias furent utilisées comme test-objet plus appropriés dans les disciplines les plus diverses des sciences biologiques: l'histologie, moléculaire, la génétique, la radiobiologie, la toxicologie, la biochimie, la biologie moléculaire, l'écologie, etc.....Les lacs salés et les étangs d'eaux salées avec des populations d'artémias sont trouvées partout dans le monde. Les conditions écologiques des ces biotopes sont extrêmes (par ex. la salinité peut excéder 300gr de sel./litre d'eau) et avoir comme résultat seulement un petit nombre d'espèces bactériennes et d'algues qui peuvent y survivre. Comme conséquence de ceci il arrive, il arrive souvent que l'on ait des monocultures d'espèces d'algues spécifiques, ces eaux sont souvent colorées en rouge, bleu ou vert. Parmi les quelques invertébrés qui peuvent s'adapter à un tel habitat, on trouve donc la crevette d'eau salée" l'artémia". Favorisée par l'absence de prédateurs et de compétiteurs pour la nourriture, l'artémia se développe en des populations très denses dans les marais salants.
A certains moments de l'année, des quantités énormes de minuscules particules brunes (de 200 à 300 micromètres de diamètre) flottent à la surface du lac et sont finalement emportées sur les rivages par le vent et les vagues. Ces particules apparemment inertes sont en fait des cystes secs inactifs des crevettes d'eau salée qui restent en "diapause" aussi longtemps qu'ils sont gardés secs ou dans des conditions anaérobiques.
![]() Ces particules apparemment inertes sont en fait des cystes secs inactifs des crevettes d'eau salée qui restent en attente aussi longtemps qu'ils sont gardés secs ou dans des conditions anaérobiques. Sous l'immersion dans l'eau de mer, les cystes hydratés, deviennent sphériques et sans leur coquilles, l'embryon se résume en métabolisme réversiblement interrompu. Après quelques 24 heures, les membranes extérieures des cystes explosent (cassées ou étape E-1) et l'embryon apparaît entouré d'une membrane éclose.
Le seul trait de la structure qui peut être observé est l'œil de la nauplie. Durant les heures suivantes, l'embryon quitte la coquille du cyste. A l'intérieur de la membrane éclose, les nouvelles antennes et mandibules différenciées commencent à bouger, endéans une courte période de temps, la membrane éclose est "cassée" par le Nauplie, il nage librement. Le premier stade de la larve qui a une coloration brunâtre-orange dû à la présence de la membrane vitelline, a trois paires d'accessoires : -des antennes qui ont une fonction locomotrice -des antennes sensorielles et -des mandibules rudimentaires. Des ocelles rouges sont situées dans la région de la tête entre les antennes. La partie ventrale de l'animal est couverte par un large labrun. ![]() Au second stade, le méta nauplius a un système de fonction digestive
La future larve continue à grandir et se différencie en à peu près 15 mues. Le tronc et l'abdomen sont allongés: les particules de nourriture sont collectées par le setae moyen des antennes, une paire d accessoires labulaires qui se différencieront en thoracopodes bourgeonnant dans la région du tronc, les yeux latéraux complexes sont développés des deux côtés des ocelles etc....
Du 10ème stade, les changements morphologiques importants ont lieu: les antennes perdent leur fonction primitive par exemple elles perdent leur sebae et subissent une différenciation sexuelle. A l'avenir, les mâles développent des crochets accrochant, tandis que chez les femelles, les antennes dégénèrent en accessoires sensoriels. Les thoracopodes sont maintenant différenciés en trois parties fonctionnelles : -les telopodites agissant comme filtres, -les endopodites ayant une activité locomotrice et -les exopodites membraneux fonctionnant comme branchies.
L'animal adulte de 8 à 10 mm de long, est caractérisé par les yeux (complexes) latéraux, les antennes sensorielles, l'appareil linéaire digestif, et les 11 paires de thoracopodes fonctionnels. Chez les artémias mâles, les antennes sont transformées en crochets musculaires qui ont une bosse sur leur partie interne. Sur la partie postérieure du tronc un pénis apparié peut être observé.
Les femelles artémia ont des antennes très primitives avec une fonction sensorielle; leurs ovaires appariés sont situés des deux côtés de l'appareil digestif derrière les thoracopodes. Les oocytes mûrs sont transportés des ovaires vers le petit sac de couvaison ou l'utérus via deux oviductes. ![]() La pré copulation chez la crevette adulte est initiée par le mâle en saisissant la femelle avec ses antennes entre l'utérus et la dernière paire de thoracopodes. Dans cette position de chevauchement, les couples peuvent nager durant de longues périodes.
La copulation, elle-même est un reflexe très rapide; l'abdomen mâle est fléchi devant et un pénis est introduit dans l'ouverture de l'utérus. Les œufs fertilisés se développent chacun en Nauplie nageant librement (reproduction ovovivipare) qui sont laissés libres par la mère et quand ils atteignent le stade de gastrula, ils sont dès lors entourés par une épaisse coquille et sont déposés comme cystes, qui sont alors en attente (reproduction ovipare) |